Biographie

Il y a eu l’avènement, puis il y a eu l’épreuve. Si This Is Real marquait en 2022 l’acte de naissance d’un artiste capable de naturaliser la Soul sur les terres volcaniques de l’Auvergne, ce nouvel opus est le manifeste d’une résurrection. Et aujourd’hui, Thomas Kahn ne se contente plus de marcher dans les pas des géants de Memphis ou de Philadelphie ; il habite désormais sa propre géographie, celle d’un homme qui a dû réapprendre l’usage de sa propre voix pour ne pas perdre son âme.
Thomas Kahn est, avant la scène, un enfant du rock indé et du graphisme. Cette première vie de « visuel » a forgé son rapport à la musique : il conçoit ses morceaux comme des affiches, avec un sens aigu de la composition, de l’équilibre et du contraste. Longtemps, il a utilisé la colère comme unique combustible avant de comprendre que son intériorité exigeait une expression plus organique, plus vulnérable. Ce passage du rock à la Soul fut une initiation de près de quinze ans, du métro parisien aux scènes nationales. Pour lui, la Soul est une épreuve de vérité, un détecteur de sincérité qu’il a appris à dompter en écoutant les maîtres : l’incarnation absolue d’un Otis Redding, la maîtrise transcendante d’un Al Green ou la profondeur d’un Charles Bradley. « Otis reste ma référence, un gars habité à 200%. Pour moi, il faut la vibration. Si un artiste me chope sans en faire trop, ça me suffit »